Mis à jour le 2 juillet 2026 — barème et règles en vigueur à cette date
Sommaire
L’assistant familial est un professionnel salarié qui accueille à son domicile des enfants placés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), dans le cadre d’un contrat conclu avec un conseil départemental ou une association habilitée. Ce n’est ni un bénévole ni une assistante maternelle ordinaire: c’est un métier réglementé, avec un agrément obligatoire, une formation spécifique et une rémunération encadrée par la loi.
En bref: Pour exercer, il faut obtenir un agrément du conseil départemental (évaluation PMI), effectuer un stage préalable de 100 heures depuis le 1er juillet 2025, puis suivre une formation de 420 heures menant au Diplôme d’État d’assistant familial (DEAF), désormais reconnu au niveau 4 (bac). Le salaire minimum au 1er juin 2026 correspond au SMIC mensuel brut pour le premier enfant accueilli, soit 1 867 € brut, avec une majoration pour chaque enfant supplémentaire.
En quoi consiste concrètement le métier d’assistant familial ?
L’assistant familial accueille des enfants ou des adolescents confiés par les services de protection de l’enfance, parfois pour quelques semaines, parfois pour plusieurs années. Ce placement se distingue radicalement du mode de garde classique: l’enfant vit au domicile de l’assistant familial, partage sa vie quotidienne, ses repas, ses vacances. La mission va bien au-delà du gardiennage, elle comprend un accompagnement éducatif, affectif et social, en lien avec les équipes pluridisciplinaires de l’ASE.
L’assistant familial n’est pas seul: il travaille en équipe avec des travailleurs sociaux (éducateurs spécialisés, psychologues, référents ASE) qui suivent le placement et organisent les droits de visite des parents biologiques. Cela implique des réunions régulières, des bilans, parfois des audiences au tribunal. La disponibilité est quasi permanente, surtout pour les enfants accueillis en continu, y compris les nuits et les week-ends.
On distingue l’accueil permanent (l’enfant vit à plein temps chez l’assistant familial) de l’accueil de jour ou séquentiel, plus rare. Certains assistants familiaux se spécialisent dans l’accueil d’urgence, ils reçoivent un enfant sans préavis, parfois en pleine nuit, et perçoivent dans ce cas une indemnité d’accueil d’urgence en plus de leur rémunération habituelle.
La différence avec le métier d’assistante maternelle est fondamentale: l’assistante maternelle est employée directement par les parents et accueille des enfants dont la famille garde l’autorité parentale. L’assistant familial, lui, accueille des enfants dont la prise en charge est assurée par l’État ou le département, et son employeur est une structure publique ou associative, jamais la famille de l’enfant.
Comment obtenir l’agrément d’assistant familial ?
L’agrément est délivré par le Président du Conseil départemental, après évaluation conduite par les services de Protection maternelle et infantile (PMI). Sans cet agrément, il est impossible d’exercer légalement. Sa durée est de 5 ans, et il peut être suspendu ou retiré en cas de problème.
La procédure commence par le dépôt d’un dossier de candidature auprès du conseil départemental de résidence. Les services PMI évaluent ensuite les conditions de logement (espace suffisant pour chaque enfant accueilli, chambre distincte), les capacités éducatives et relationnelles du candidat, ainsi que l’environnement familial global. Cette évaluation peut prendre plusieurs mois et comprend des visites à domicile et des entretiens individuels.
L’agrément précise le nombre d’enfants pouvant être accueillis simultanément, généralement entre 1 et 3, et peut mentionner des conditions particulières (tranches d’âge, types de situations). Un assistant familial peut demander une révision de son agrément pour en modifier le périmètre. Attention: si l’enfant accueilli part et qu’aucun nouvel enfant n’est confié dans un délai raisonnable, la rémunération peut être maintenue à 80 % sous forme d’indemnité compensatrice, selon les dispositions du Code de l’action sociale et des familles (CASF).
Quelle formation faut-il suivre pour devenir assistant familial en 2026 ?
La formation de l’assistant familial a été réformée par le décret n° 2025-305 du 1er avril 2025. Deux étapes structurent désormais le parcours, avec des volumes horaires revus à la hausse par rapport aux anciens planchers.
Avant d’accueillir un premier enfant, le candidat agréé doit effectuer un stage préalable de 100 heures depuis le 1er juillet 2025 (contre 60 heures dans l’ancien dispositif). Ce stage couvre les bases de la protection de l’enfance, les droits et besoins fondamentaux de l’enfant, et prépare concrètement à l’accueil. Ce n’est qu’à l’issue de ce stage qu’un enfant peut être confié.
Dans les 3 ans suivant le premier contrat, l’assistant familial doit ensuite suivre la formation menant au Diplôme d’État d’assistant familial (DEAF), d’une durée portée à 420 heures depuis le 1er janvier 2026 (contre 240 heures précédemment). Cette formation se déroule en alternance sur 18 à 36 mois, dans un organisme de formation habilité. Elle est organisée en 4 blocs de compétences définis à l’article D451-100 du Code de l’action sociale et des familles (Légifrance, en vigueur au 1er janvier 2026):
- Accompagnement éducatif, affectif et social, et prise en compte des besoins et droits fondamentaux de l’enfant ou du jeune
- Accompagnement dans la construction identitaire et la vie relationnelle
- Travail en équipe pluriprofessionnelle et coopération avec les familles
- Exercice de la fonction dans le cadre institutionnel et réglementaire
Depuis le 1er janvier 2026, le DEAF est reconnu au niveau 4 du Cadre national des certifications professionnelles, soit l’équivalent d’un baccalauréat. C’est une revalorisation notable par rapport au niveau 3 (CAP/BEP) qui prévalait auparavant, et elle ouvre davantage de passerelles vers d’autres formations du travail social.
Quel est le salaire d’un assistant familial en 2026 ?
La rémunération de l’assistant familial repose sur un mécanisme propre, encadré par le CASF (articles L.423-6 et suivants) et la loi Taquet du 7 février 2022. Le principe est simple: un salaire minimum par enfant accueilli, avec une part de base pour le premier enfant fixée au SMIC mensuel brut, et des parts supplémentaires pour chaque enfant en sus.
Au 1er juin 2026, le SMIC mensuel brut temps plein s’établit à 1 867 €, ce qui constitue donc le plancher légal pour un premier enfant en accueil continu. Pour chaque enfant supplémentaire, le minimum légal est fixé à 70 fois le SMIC horaire par mois, soit 70 × 12,31 € = environ 862 € brut supplémentaires.
| Nombre d’enfants accueillis | Salaire brut mensuel minimum | Net estimé |
|---|---|---|
| 1 enfant | 1 867 € | environ 1 478 € |
| 2 enfants | environ 2 664 € | environ 2 105 € |
| 3 enfants | environ 3 505 € | environ 2 770 € |
| 3 enfants + sujétions exceptionnelles | environ 3 700 € | environ 2 925 € |
Ces montants sont des minima légaux. Les conseils départementaux peuvent délibérer pour fixer des barèmes plus élevés, ce qu’ils font fréquemment. Un assistant familial expérimenté, accueillant deux ou trois enfants à besoins spécifiques dans un département généreux, peut donc percevoir significativement plus que ces planchers.
Les majorations pour sujétions exceptionnelles s’appliquent lorsque l’enfant présente des besoins particuliers nécessitant une disponibilité ou des compétences accrues (handicap, troubles du comportement, soins réguliers). Le minimum légal est de 15,5 fois le SMIC horaire par mois en accueil continu, soit environ 191 € brut supplémentaires au 1er juin 2026. L’accueil d’urgence donne lieu à une indemnité spécifique dont le montant est fixé par délibération départementale.
Quelles indemnités viennent s’ajouter au salaire ?
Au-delà du salaire, l’assistant familial perçoit une indemnité d’entretien destinée à couvrir les frais liés à la présence de l’enfant au foyer, nourriture, habillement, transports, loisirs. Cette indemnité est calculée sur la base du minimum garanti (MG): le minimum légal est fixé à 3,5 fois le MG par jour et par enfant, soit environ 14,88 € par jour et par enfant en 2026 (MG = 4,25 €, 3,5 × 4,25 = 14,875 €, soit 14,88 € arrondis).
Ce point a une importance fiscale et sociale non négligeable: les indemnités d’entretien ne sont pas soumises à cotisations sociales. Elles n’entrent donc pas dans l’assiette des charges patronales ni salariales. Un abattement fiscal spécifique s’applique par ailleurs: 4 à 5 fois le SMIC horaire par jour et par enfant selon le type d’accueil, ce qui réduit sensiblement le revenu imposable.
Si le nombre d’enfants effectivement accueillis est inférieur à ce que prévoit le contrat, en raison d’un départ, d’un retour en famille ou d’une rupture de placement, une indemnité compensatrice est versée à hauteur de 80 % de la rémunération prévue. De même, en cas de suspension d’agrément, la rémunération est maintenue pendant la durée de la procédure, ce qui constitue une protection non négligeable pour le salarié.
Quel statut juridique et quelle convention collective pour l’assistant familial ?
L’assistant familial a un statut hybride. Il est salarié, mais ne relève ni entièrement du Code du travail classique, ni du statut de fonctionnaire. C’est le Code de l’action sociale et des familles qui constitue son texte de référence principal, avec les articles L.423-1 et suivants. Cette particularité signifie que certaines règles ordinaires du droit du travail ne s’appliquent pas directement, notamment la durée du travail, difficile à délimiter lorsque l’enfant réside au domicile.
Selon son employeur, le cadre conventionnel diffère. Un assistant familial employé par un conseil départemental voit son contrat complété par les règles de la fonction publique territoriale. Celui qui est recruté par une association habilitée relève, en complément du CASF, de la convention collective nationale de 1966 (CCN66, IDCC 0413), qui encadre les établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées. Cette convention peut prévoir des grilles de classification et des avantages supérieurs aux seuls minima légaux.
Le code ROME associé au métier est K1303 (assistance auprès d’enfants). La fiche de paie comporte le salaire décomposé par enfant, les majorations, les indemnités (entretien, sujétions, urgence) et, le cas échéant, les indemnités compensatrices. La paie varie donc fortement d’un département à l’autre et d’une situation à l’autre, rendant toute comparaison nationale approximative.
Quelles évolutions de carrière après le DEAF ?
Le DEAF au niveau 4 ouvre des perspectives concrètes. Un assistant familial diplômé peut évoluer vers un rôle de référent ou de formateur pour les nouveaux assistants familiaux dans son département, une fonction de tutorat reconnue et rémunérée dans certaines structures. La VAE (Validation des acquis de l’expérience) permet par ailleurs de capitaliser sur l’expérience terrain pour accéder à d’autres certifications du travail social.
Des passerelles existent vers les diplômes d’éducateur spécialisé (DEES, niveau 6) ou de moniteur éducateur (DEME, niveau 5), qui peuvent être préparés en formation continue ou par VAE partielle. Ces reconversions restent exigeantes mais bénéficient d’allégements liés à la reconnaissance des acquis professionnels. Pour un assistant familial qui a accompagné des enfants aux parcours complexes pendant plusieurs années, une partie des compétences requises pour le DEES est déjà couverte.
Questions fréquentes
Un assistant familial peut-il accueillir ses propres petits-enfants ou un enfant de la famille ?
Non. L’agrément ne peut pas être utilisé pour accueillir des enfants appartenant à la famille de l’assistant familial. Les enfants confiés doivent être des mineurs placés par les services de protection de l’enfance, sans lien de filiation ou de parenté avec l’accueillant.
Que se passe-t-il si l’agrément est suspendu ou retiré ?
En cas de suspension, la rémunération est maintenue pendant la durée de la procédure, conformément aux dispositions du CASF. Si l’agrément est définitivement retiré, le contrat de travail est rompu. L’assistant familial peut contester la décision devant le tribunal administratif.
Les indemnités d’entretien sont-elles imposables ?
Un abattement fiscal spécifique s’applique sur ces indemnités (entre 4 et 5 fois le SMIC horaire par jour et par enfant selon le type d’accueil), ce qui réduit la part imposable. Elles ne sont en revanche pas soumises à cotisations sociales, ce qui les distingue du salaire proprement dit.
L’assistant familial peut-il exercer une autre activité professionnelle ?
Oui, sous conditions. Toute activité complémentaire doit rester compatible avec les obligations d’accueil, et l’accord de l’employeur peut être requis. La disponibilité induite par l’accueil continu rend en pratique difficile toute activité à temps plein en parallèle.
Comment le département fixe-t-il les barèmes au-delà des minima légaux ?
Chaque conseil départemental adopte ses propres délibérations fixant les barèmes de rémunération et d’indemnités applicables sur son territoire. Ces délibérations peuvent être supérieures aux planchers du CASF, elles sont publiques et disponibles auprès du service ASE de chaque département. C’est donc bien le département de résidence et d’agrément qui détermine en dernier ressort le niveau de rémunération réel.
Sources
Sources consultées le 2 juillet 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- www.urssaf.fr/accueil/outils-documentation/taux-baremes/taux-baremes-assistant-maternel.html
- www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000051412863/2026-01-01