En bref : tout savoir sur le métier d’AESH
Sommaire
L’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) aide les élèves en situation de handicap à gagner en autonomie, de la maternelle au lycée, sous la responsabilité pédagogique des enseignants. C’est un pilier de l’école inclusive : à la rentrée 2025, l’Éducation nationale comptait plus de 140 000 AESH (soit 90 502 équivalents temps plein) pour accompagner plus de 520 000 élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire. Le métier est accessible sans concours, avec un diplôme de niveau bac ou une expérience d’au moins 9 mois auprès de personnes en situation de handicap, suivi d’une formation d’adaptation de 60 heures. Côté rémunération, un AESH débutant à temps plein perçoit 1 826,35 € brut par mois (environ 1 467 € net), mais plus de 60 % des contrats sont à temps partiel, ce qui ramène souvent la paie sous 1 000 € net. Depuis septembre 2023, le CDI est possible après un seul CDD de trois ans. Cette fiche détaille missions, conditions d’accès, salaire, statut et évolutions.
Que fait un AESH au quotidien ?
L’AESH favorise l’autonomie de l’élève en situation de handicap sans se substituer à lui, sous la responsabilité pédagogique de l’enseignant. Selon l’Éducation nationale, son aide se répartit en trois domaines : les apprentissages, les gestes de la vie quotidienne et la vie sociale et relationnelle. L’accompagnement peut être individuel, mutualisé (plusieurs élèves) ou collectif.
Le cadre de chaque mission est fixé par le projet personnalisé de scolarisation (PPS) et le GEVA-Sco de l’élève, notifiés par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Reconnu comme membre de l’équipe éducative depuis la loi du 26 juillet 2019, l’AESH participe aux réunions de suivi de scolarisation. Depuis la loi du 27 mai 2024, l’État prend aussi en charge l’accompagnement sur la pause méridienne, ce qui élargit le temps de travail possible.
Quelles conditions pour devenir AESH ?
Le métier est accessible sans concours : le recrutement se fait sur dossier et entretien. Il faut soit un diplôme de niveau bac (ou équivalent), soit une expérience professionnelle d’au moins 9 mois dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap. Le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) est apprécié mais non obligatoire.
Cette accessibilité fait de l’AESH une porte d’entrée fréquente vers les métiers de l’éducation et du médico-social. Depuis le 1er janvier 2025, le recrutement et la gestion relèvent des services académiques (rectorats), et non plus des établissements mutualisateurs, ce qui ouvre de nouveaux droits en matière d’action sociale. Aucune limite d’âge n’est fixée, et le métier attire beaucoup de profils en reconversion.
Quelle formation suit un AESH ?
Une fois recruté, l’AESH bénéficie d’une formation d’adaptation à l’emploi de 60 heures, rémunérée, durant sa première année d’exercice. Elle prépare aux gestes professionnels, à la connaissance des handicaps et au travail en équipe éducative. S’y ajoutent les plans de formation des académies et les formations nationales.
Au-delà de ces 60 heures, un plan métier AESH est en cours d’élaboration, destiné à structurer de vraies carrières et à valoriser l’expérience acquise. Beaucoup d’AESH poursuivent vers le DEAES, qui se prépare en environ 12 à 24 mois et ouvre l’accès à d’autres métiers de l’accompagnement. La formation reste donc légère à l’entrée, mais le métier sert de tremplin.
Combien gagne un AESH en 2026 ?
La rémunération suit une grille indiciaire de 11 échelons (valeur du point 4,92278 €). À l’échelon 1, un AESH à temps plein perçoit 1 826,35 € brut par mois, soit environ 1 467 € net, et 2 239,86 € brut en fin de grille après une trentaine d’années. S’ajoute une indemnité de fonction de 1 529 € bruts par an créée en septembre 2023.
Le vrai sujet, c’est le temps partiel : plus de 60 % des AESH travaillent autour de 24 heures par semaine (62 % d’un temps plein), ce qui ramène la paie à environ 1 132 € brut, souvent sous 1 000 € net. Le salaire est toutefois annualisé (versé pendant les vacances). En éducation prioritaire s’ajoute une indemnité de 1 106 € par an (REP) à 3 263 € (REP+). Selon le ministère, la rémunération nette a progressé de 41 % entre 2017 et 2025. Ces montants sont indicatifs : reportez-vous à la grille officielle et à votre rectorat pour votre situation.
CDD ou CDI : quel statut pour un AESH ?
L’AESH est un agent contractuel de droit public. Depuis la rentrée 2023, le passage en CDI est possible après un seul CDD de trois ans, contre six auparavant (loi du 16 décembre 2022). C’est une avancée majeure contre la précarité du métier.
Aujourd’hui, selon le ministère de l’Éducation nationale, 63 % des AESH sont en CDI. Le CDI sécurise l’emploi et améliore le positionnement dans la grille indiciaire. L’objectif affiché est désormais de permettre à ceux qui le souhaitent de travailler à temps complet, notamment grâce à la prise en charge de la pause méridienne. Le statut reste néanmoins critiqué par les syndicats, qui réclament un véritable corps statutaire.
Le métier d’AESH recrute-t-il ?
Oui, fortement et durablement, porté par la hausse continue de l’inclusion scolaire. Le nombre d’AESH a augmenté de 68 % en équivalents temps plein entre 2017 et 2025 selon les réponses du ministère à l’Assemblée nationale, et 2 000 postes ont encore été créés à la rentrée 2025. La Cour des comptes a relevé une hausse de 278 % de la masse salariale entre 2013 et 2022.
Mais la demande dépasse l’offre : à la rentrée 2025, 48 726 élèves notifiés étaient sans solution d’accompagnement (environ 1 sur 7), contre 36 186 un an plus tôt, d’après les données de la DGESCO obtenues par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Le ministre a reconnu des « contraintes de vivier et d’attractivité ». Pour un métier accessible sans concours, les besoins restent donc considérables.
Quelles évolutions de carrière pour un AESH ?
L’AESH peut d’abord devenir AESH référent, chargé d’appuyer les accompagnants débutants, avec une indemnité de fonction dédiée. C’est la première marche de responsabilité au sein du dispositif.
Au-delà, l’expérience acquise en classe constitue un tremplin. Via le DEAES ou la validation des acquis, un AESH peut s’orienter vers les métiers de moniteur-éducateur ou d’éducateur spécialisé, des passerelles explicitement prévues par le plan métier en préparation. Enfin, devenir enseignant reste possible en passant un concours adapté (CRPE pour le premier degré, CAPES pour le second) : l’expérience d’accompagnement est un atout réel, mais ne dispense pas du concours.
Quelles qualités pour devenir AESH ?
Le métier demande avant tout de la patience, de l’empathie et un solide sens de l’observation, pour s’adapter à des handicaps très variés (troubles dys, TSA, TDAH, handicaps moteurs ou sensoriels) et ajuster son aide sans faire à la place de l’élève.
S’y ajoutent la discrétion (l’AESH manie des informations sensibles sur l’enfant), la capacité à travailler en équipe avec enseignants, familles et professionnels médico-sociaux, et une réelle stabilité émotionnelle face à des situations parfois difficiles. La motivation et le goût de la relation comptent ici autant que le diplôme, puisque le recrutement repose sur la qualification et l’expérience plutôt que sur un concours.
FAQ — Questions fréquentes sur le métier d’AESH
Quel est le salaire net d’un AESH débutant ? À temps plein, un AESH débutant (échelon 1) perçoit environ 1 467 € net par mois pour 1 826,35 € brut. Mais la majorité des contrats étant à temps partiel (souvent 24 h/semaine), la paie réelle descend fréquemment sous 1 000 € net.
Faut-il le bac pour devenir AESH ? Pas forcément. Il faut soit un diplôme de niveau bac (ou équivalent), soit une expérience d’au moins 9 mois dans l’accompagnement de personnes en situation de handicap. Le DEAES est apprécié mais non obligatoire, et il n’y a pas de concours.
Comment devenir AESH sans concours ? Le recrutement se fait sur dossier et entretien, directement auprès des services académiques (rectorats) depuis 2025. Après sélection, l’AESH suit une formation d’adaptation à l’emploi de 60 heures, rémunérée, durant sa première année.
Un AESH peut-il obtenir un CDI ? Oui. Depuis la rentrée 2023, le CDI est possible après un seul CDD de trois ans (contre six auparavant). Selon le ministère de l’Éducation nationale, 63 % des AESH sont aujourd’hui en CDI.
Quelle différence entre AESH et AVS ? AVS (auxiliaire de vie scolaire) est l’ancienne appellation, liée à des contrats aidés. Le statut a été unifié sous le terme AESH, avec un contrat de droit public, une grille indiciaire et l’accès au CDI. On parle donc aujourd’hui d’AESH.
Un AESH peut-il devenir enseignant ou éducateur ? Oui. Via le DEAES, un AESH peut s’orienter vers moniteur-éducateur ou éducateur spécialisé. Pour devenir enseignant, il faut passer un concours (CRPE, CAPES) : l’expérience aide, mais ne remplace pas le concours.
SUPMAG est un média éditorial indépendant consacré à l’emploi, aux métiers et à la formation. Cette fiche, à visée strictement informative et pédagogique, s’appuie sur des sources publiques (Éducation nationale, réponses ministérielles à l’Assemblée nationale, Cour des comptes, service-public.fr) à jour à la date de publication. Pour toute démarche, rapprochez-vous du rectorat de votre académie.