Mis à jour le 4 septembre 2026
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Le téléphone sonne, c’est votre employeur, et vous êtes en arrêt maladie. Faut-il répondre ? Rappeler dans l’heure ? Rester injoignable jusqu’au retour ? Cette question revient très souvent, alors qu’un arrêt de travail obéit à des règles précises sur ce que le salarié doit et ne doit pas à son employeur pendant cette période.
En bref : un salarié en arrêt maladie n’est pas tenu de répondre aux sollicitations professionnelles de son employeur, car le contrat de travail est suspendu et non rompu. Seule une obligation de loyauté résiduelle subsiste, bien plus légère qu’une obligation de disponibilité. Depuis le 1er septembre 2026, un décret plafonne par ailleurs la durée de prescription des arrêts maladie à 31 jours pour une première prescription et à 62 jours pour chaque prolongation, ce qui multiplie les échanges administratifs autour de l’arrêt sans changer cette règle de fond.
Le contrat de travail est-il rompu pendant un arrêt maladie ?
Non, il n’est que suspendu. C’est la distinction qui règle presque toute la question : suspendu veut dire que l’exécution du travail est mise entre parenthèses, mais que le lien contractuel continue d’exister. Vous restez salarié de l’entreprise, vous conservez votre ancienneté, et à l’issue de l’arrêt vous reprenez votre poste, sauf situation particulière liée à une inaptitude constatée par le médecin du travail.
Cette suspension a une conséquence directe sur la question du téléphone ou des mails : puisque vous n’avez pas à travailler, vous n’avez pas non plus à rester disponible pour votre employeur. La logique est la même que pour des congés payés ou un jour de repos, en plus protectrice encore, puisque l’arrêt maladie repose sur une prescription médicale que l’employeur ne peut ni contester de sa propre initiative ni contourner.
Devez-vous décrocher ou répondre aux mails professionnels ?
Dans l’immense majorité des cas, non. Un employeur ne peut pas exiger qu’un salarié en arrêt traite ses dossiers, participe à une réunion à distance ou même simplement confirme qu’il a bien reçu un message professionnel. Rien dans le droit du travail n’impose une telle disponibilité pendant une période où, précisément, le médecin a jugé le salarié inapte à travailler.
La nuance vient de l’obligation de loyauté, qui survit à la suspension du contrat. Elle interdit certains comportements actifs et nuisibles : dénigrer l’entreprise publiquement, travailler pour un concurrent pendant l’arrêt, détourner des clients ou des informations. Elle n’oblige en revanche jamais à répondre à un appel ou à traiter un dossier resté en suspens. Un employeur peut demander, poliment, une information ponctuelle indispensable au fonctionnement du service (où se trouve un document, un code d’accès); il ne peut pas transformer cette demande en obligation de travail déguisée.
Que peut légitimement vous demander votre employeur ?
Certaines démarches administratives restent dues, et elles ne relèvent pas d’un choix. Vous devez transmettre votre arrêt de travail à votre employeur, en principe dans le même délai que celui applicable à l’envoi à votre caisse d’assurance maladie, soit 48 heures après le début de la prescription. Ce document ne comporte aucun motif médical : l’employeur reçoit uniquement la durée de l’arrêt et l’identification du prescripteur, jamais le diagnostic.
L’employeur peut aussi, selon les conventions collectives, faire diligenter une contre-visite médicale à votre domicile, notamment lorsqu’il maintient une partie de votre salaire au-delà de ce que verse l’Assurance maladie. Cette contre-visite vérifie la réalité de l’arrêt, mais elle ne se substitue pas à une demande de compte rendu de votre état de santé : vous n’êtes jamais tenu de détailler votre pathologie à votre employeur, seul le médecin contrôleur en a connaissance. Si vous devez restituer du matériel professionnel urgent ou signaler une information strictement nécessaire à la continuité du service, cela reste distinct d’une reprise d’activité déguisée.
Sur ce point, un simple silence de votre part face à une demande écrite de l’employeur, par exemple pour un aménagement de poste à votre retour, ne vaut jamais accord automatique; le silence de l’employeur peut en revanche, dans certaines situations, valoir accord implicite à une demande que vous lui adressez.
Les nouvelles règles de durée changent-elles la donne ?
Depuis le 1er septembre 2026, un décret du 12 juin 2026 encadre pour la première fois la durée de prescription des arrêts maladie : une prescription initiale ne peut plus dépasser 31 jours, et chaque prolongation ne peut plus excéder 62 jours. Jusqu’alors, aucun texte ne fixait de plafond. Ce plafonnement concerne les arrêts prescrits par un médecin, une sage-femme ou un chirurgien-dentiste, et il ne s’applique pas à Mayotte.
Ce plafond ne signifie pas qu’un arrêt s’interrompt automatiquement à ces échéances. Si votre état de santé le justifie, le professionnel de santé peut prescrire ou prolonger l’arrêt au-delà, en tenant compte, lorsqu’elles existent, des recommandations de la Haute Autorité de santé. La prolongation peut être faite par le médecin qui a prescrit l’arrêt initial, par votre médecin traitant, par une sage-femme ou par un chirurgien-dentiste. En pratique, cela veut dire davantage de rendez-vous médicaux à intervalles réguliers pour les arrêts longs, et donc davantage de documents à transmettre à votre employeur au fil des prolongations, sans que cela ouvre pour autant un droit de l’employeur à obtenir plus d’informations sur votre santé.
La téléconsultation reste possible pour prescrire ou prolonger un arrêt, mais avec une limite précise : en principe, la prescription initiale ou le premier renouvellement obtenu par télémédecine ne peut pas dépasser 3 jours, et aucun renouvellement ultérieur ne peut être délivré par ce biais. Cette limite ne s’applique pas si c’est votre médecin traitant ou votre sage-femme référente qui prescrit à distance, ni si vous justifiez de l’impossibilité de consulter en présentiel. Le respect de ces règles conditionne directement le versement des indemnités journalières : en cas de non-respect des durées ou des conditions de prescription, la CPAM peut refuser leur versement.
Que faire si votre employeur insiste malgré tout ?
Un appel isolé pour prendre des nouvelles reste courant et ne pose pas de difficulté juridique. La situation change quand les sollicitations se répètent, prennent la forme d’injonctions à traiter des dossiers, ou s’accompagnent de reproches sur votre absence : cela peut caractériser un manquement de l’employeur à ses propres obligations, notamment celle de préserver la santé du salarié.
Dans ces cas, gardez une trace écrite des échanges plutôt que de céder à la pression téléphonique. Vous n’avez pas à justifier votre décision de ne pas répondre, et vous n’êtes jamais obligé de reprendre le travail avant la date prévue par votre arrêt, même sous la pression. Si la situation devient intenable et que vous envisagez de quitter votre poste pour ce motif, mesurez bien les conséquences avant d’agir : une démission liée à un motif de santé n’ouvre pas automatiquement droit au chômage, et d’autres voies, comme le signalement auprès des représentants du personnel ou de l’inspection du travail, méritent d’être envisagées avant d’en arriver là.
Questions fréquentes
Le plafond de 31 jours arrête-t-il automatiquement votre arrêt maladie ?
Non. Ce plafond limite la durée que peut couvrir chaque prescription ou prolongation, mais un professionnel de santé peut prescrire une nouvelle prolongation au-delà de 31 puis 62 jours si votre état de santé le justifie, sans limite de durée totale fixée par ce texte.
Une téléconsultation permet-elle d’obtenir un arrêt de plusieurs semaines ?
Non, sauf exceptions. La prescription ou le premier renouvellement obtenu par télémédecine est limité à 3 jours, et aucun renouvellement ultérieur ne peut être délivré à distance, sauf si c’est votre médecin traitant ou votre sage-femme référente qui prescrit, ou si vous justifiez d’une impossibilité de vous déplacer.
Risquez-vous une sanction pour ne pas avoir répondu à un appel de votre employeur ?
En principe non, tant qu’il s’agit d’un simple appel ou message resté sans réponse : votre contrat étant suspendu, vous n’avez aucune obligation de disponibilité. Le risque n’apparaît que si votre comportement traduit un manquement à l’obligation de loyauté, par exemple en travaillant activement pour un concurrent pendant votre arrêt.
Faut-il transmettre votre arrêt à l’employeur dans un délai précis ?
Oui, la transmission de l’arrêt à votre employeur suit en principe le même délai que celui appliqué à l’envoi vers votre caisse d’assurance maladie, soit 48 heures après le début de la prescription, sans que le motif médical y figure.
Sources
Sources consultées le 4 septembre 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres-maladie-maternite-paternite/indemnites-journalieres-pour-maladie/arret-maladie-salarie
- code.travail.gouv.fr/actualite/arret-maladie-quelle-est-la-duree-maximale-dun-arret-de-travail-a-partir-du-1er-septembre-2026
- www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/a-chaque-situation-son-allocatio/quelle-est-ma-situation-professi/je-suis-en-cours-dindemnisation/je-suis-en-arret-maladie.html