Travail & Droits

Peut-on travailler en intérim pendant ses congés payés ?

LA 7 septembre 2026
Peut-on travailler en intérim pendant ses congés payés ?

Mis à jour le 7 septembre 2026, barème et règles en vigueur à cette date

Sommaire

Un intérimaire en congés payés reste sous contrat de mission tant que celui-ci n’est pas arrivé à son terme, ce qui change beaucoup de choses par rapport à un salarié en CDI. Cette situation soulève une question très concrète : peut-on accepter une nouvelle mission, ou même travailler ailleurs, pendant que l’on est censé se reposer et être indemnisé au titre de ses congés ?

En bref : pendant ses congés payés, l’intérimaire perçoit une indemnité calculée selon la règle la plus avantageuse entre le 1/10e de la rémunération brute totale et le maintien de salaire. La convention collective de l’intérim prévoit explicitement que les obligations de disponibilité imposées pendant les périodes d’intermission ne s’appliquent pas lorsque le salarié est en congés payés ou en formation professionnelle. Travailler pour une autre entreprise pendant cette période pose donc surtout la question de la loyauté envers l’agence d’emploi et du cumul de rémunérations, plus que celle d’une interdiction formelle.

Un intérimaire en congés payés est-il toujours lié à son agence ?

Oui, juridiquement, le contrat de mission continue d’exister pendant les congés payés : ce n’est pas une rupture de la relation avec l’entreprise de travail temporaire, mais une suspension du travail effectif, exactement comme pour n’importe quel salarié qui part en vacances. L’intérimaire reste donc lié par son contrat, avec les obligations de loyauté qui l’accompagnent, même s’il ne se rend plus en mission.

L’accord du 10 juillet 2013 sur la sécurisation des parcours professionnels des intérimaires apporte une précision utile sur ce point : en dehors des périodes de mission, un intérimaire inscrit dans un dispositif de sécurisation peut être tenu de rester disponible pour se rendre dans l’entreprise utilisatrice. Mais ce texte prévoit explicitement que ces obligations de disponibilité ne s’appliquent pas lorsque l’intérimaire est en congés payés ou en formation professionnelle. Concrètement, cela signifie que pendant ses congés, l’intérimaire n’a pas à répondre à une convocation ni à se tenir prêt pour une nouvelle mission proposée par son agence.

Peut-on accepter une mission auprès d’une autre agence pendant ses congés ?

Rien dans la réglementation n’interdit formellement à un intérimaire de travailler pour un autre employeur pendant ses congés payés, mais cette possibilité se heurte à plusieurs limites pratiques et juridiques qu’il faut connaître avant de s’engager.

La première limite est celle de la loyauté contractuelle. Un salarié, y compris intérimaire, doit exécuter son contrat de bonne foi : accepter une mission concurrente ou exercer une activité qui nuit aux intérêts de l’entreprise utilisatrice ou de l’agence d’intérim peut être considéré comme un manquement, même pendant une période de congés. La seconde limite tient au cumul d’emplois : le droit du travail encadre les durées maximales de travail (journalière et hebdomadaire), et cumuler deux activités salariées, même sur des périodes différentes, ne dispense pas de respecter ces plafonds sur l’ensemble des employeurs. Enfin, un salarié ne peut pas dépasser la durée totale de travail autorisée en additionnant les heures effectuées pour plusieurs employeurs sur une même semaine.

Dans les faits, un intérimaire qui souhaite retravailler pendant ses congés payés doit donc vérifier que cela ne l’expose pas à un dépassement des seuils horaires légaux, et rester prudent sur toute activité qui pourrait être vue comme concurrente de la mission en cours ou à venir.

Que devient l’indemnité de congés payés si l’on travaille pendant cette période ?

L’indemnité de congés payés est due indépendamment de ce que fait le salarié pendant ses congés : elle compense l’absence de salaire habituel, pas l’inactivité. Un intérimaire qui perçoit cette indemnité tout en travaillant ailleurs ne perd donc pas son droit à indemnisation du seul fait de cette activité, sauf disposition contraire de son contrat.

Le calcul de cette indemnité obéit à une règle précise : l’employeur compare deux méthodes et retient la plus favorable au salarié. La première, dite règle du 1/10e, consiste à prendre 1/10e de la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence, puis à en calculer la fraction correspondant à la durée des congés pris. La seconde, dite du maintien de salaire, consiste à verser ce que le salarié aurait perçu s’il avait continué à travailler normalement. Sur un salaire de 24 000 € brut annuel pour 2 000 € par mois, un intérimaire qui prend deux semaines de congés touchera par exemple 960 € selon la méthode du 1/10e contre environ 952 € selon le maintien de salaire : c’est le montant le plus élevé, ici 960 €, qui sera versé.

Un point mérite d’être connu des intérimaires : les indemnités de fin de mission, souvent appelées prime de précarité, entrent dans la base de calcul de l’indemnité de congés payés, tout comme les majorations de salaire ou les primes d’ancienneté non déjà compensées. En revanche, des éléments comme la prime de participation, d’intéressement ou de fin d’année n’y entrent pas.

Élément de rémunérationPris en compte dans le calcul
Salaire de baseOui
Heures supplémentaires, travail de nuitOui
Indemnité de fin de mission (prime de précarité)Oui
Prime d’ancienneté (si non versée pour l’année entière)Oui
Avantages en natureOui
Prime de participationNon
Prime d’intéressementNon
Prime de fin d’annéeNon

L’intérim permet-il de suivre une formation pendant les congés ?

Oui, et c’est une différence de traitement notable par rapport aux obligations de disponibilité classiques : la période de congés payés est explicitement exclue des contraintes de disponibilité imposées à l’intérimaire, ce qui laisse la place à d’autres démarches, notamment de formation.

Un travailleur temporaire peut ainsi bénéficier, sous conditions, d’un congé pour un projet de transition professionnelle, l’ancien congé individuel de formation. Ce dispositif permet à l’intérimaire de s’absenter pour suivre une formation certifiante en vue d’un changement de métier ou de qualification, avec un maintien de rémunération selon des règles propres à ce parcours. Ce n’est pas directement lié aux congés payés eux-mêmes, mais cela montre que la période d’intermission ou de congé peut aussi être mise à profit pour préparer une évolution professionnelle plutôt que pour travailler pour un autre employeur. Un intérimaire qui envisage une reconversion professionnelle a donc tout intérêt à se renseigner sur ce congé spécifique avant de chercher une mission complémentaire pendant ses congés payés.

Que risque un intérimaire qui travaille sans en informer son agence ?

Le risque principal n’est pas de perdre son indemnité de congés payés, mais de fragiliser sa relation avec l’agence d’intérim, qui reste son employeur juridique pendant toute la durée du contrat de mission, congés compris. Si l’agence découvre qu’un salarié a travaillé pour un autre employeur en dépassant les durées maximales de travail, ou dans des conditions qui créent une situation de concurrence déloyale, elle peut engager une procédure disciplinaire, voire refuser de reconduire de nouvelles missions.

Il existe aussi un risque du côté de la protection sociale et des accidents du travail : un salarié blessé pendant une activité non déclarée alors qu’il est censé être en congés peut se retrouver dans une situation complexe pour faire reconnaître un accident comme professionnel, puisque l’employeur d’origine n’a pas connaissance de cette seconde activité. Mieux vaut donc, avant d’accepter une mission ou un emploi complémentaire pendant ses congés payés, en informer son agence de travail temporaire et vérifier les clauses de son contrat de mission.

Questions fréquentes

Un intérimaire peut-il refuser une nouvelle mission proposée pendant ses congés payés ?

Oui : la convention collective de l’intérim écarte explicitement l’obligation de disponibilité pendant les congés payés, ce qui signifie que l’agence ne peut pas exiger une réponse immédiate ni sanctionner un refus à ce moment-là.

L’indemnité de congés payés est-elle versée en une seule fois ?

Elle est versée à la date habituelle de paiement du salaire, et son montant ainsi que les dates de congés correspondantes doivent figurer sur le bulletin de paie du salarié.

Une mission courte pendant les congés payés change-t-elle le calcul de l’indemnité déjà due ?

Non : l’indemnité de congés payés se calcule sur la période de référence antérieure aux congés pris, elle n’est pas recalculée en fonction d’une activité exercée pendant la période de congés elle-même.

Sources

Sources consultées le 7 septembre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. www.legifrance.gouv.fr/conv_coll/article/KALIARTI000027941887
  2. code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/comment-est-calculee-lindemnite-de-conges-payes-du-salarie
  3. code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/un-interimaire-a-t-il-droit-a-un-conge-pour-un-projet-de-transition-professionnelle
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L'auteur
Laurence Adèle

Laurence Adèle est la signature éditoriale de SUPMAG, média indépendant dédié à la vie professionnelle : emploi, métiers, formation, droit du travail, entreprise et finances personnelles. Sa mission : décrypter sans jargon des sujets souvent complexes, à partir de sources officielles vérifiées, pour vous aider à décider par vous-même. Les contenus sont informatifs et ne remplacent pas un conseil personnalisé.Transparence : les articles sont rédigés avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle, puis relus, vérifiés et corrigés avant publication. Les montants, les seuils et les références réglementaires sont contrôlés un par un à leur source officielle.

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